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Une démarche d’analyse psychologique du travail des juges d’instruction en France

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Une démarche d’analyse psychologique du travail des juges d’instruction en France

Jeudi le 2 mai 2019, de 13h à 15h, au local A10-3018 (Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke)

Ce séminaire sera présenté par Mme Katia Kostulski, Professeure des Universités en Psychologie, Conservatoire National des Arts et Métiers

Durant deux années, et à la demande du service de formation continue de l’Ecole Nationale de la Magistrature et dans le cadre d’une démarche d’analyse des fonctions judiciaires, nous avons poursuivi une intervention impliquant 12 juges d’instruction volontaires pour analyser leur activité, dans un contexte où tout les portaient à (se) défendre (de) leur métier plutôt qu’à le promouvoir. La culture du métier est plutôt celle de la solitude, justifiée par la double nécessité de l’indépendance et du secret. Dans le contexte institutionnel, cette culture de la solitude confine souvent à l’isolement. L’histoire du métier s’est trouvée alourdie. Et pour cause, on peut citer l’affaire d’Outreau, cette vaste erreur judiciaire qui a fait scandale à partir de 2005. L’affaire a stigmatisé le juge d’instruction, dans la société mais aussi au sein même de l’institution judiciaire (Garapon & Salas, 2006). C’est dans ce contexte que nous avons été amenés à travailler avec un collectif de juges d’instruction. Bien qu’ils soient volontaires, nous nous sommes heurtés aux difficultés à mettre en place un cadre d’analyse de ce travail sans cesse suspecté, incriminé, montré du doigt. Exposer et discuter le travail quotidien supposent en effet un cadre protégé et contenant, loin du contexte de suspicion qui menaient les magistrats à une posture défensive. Nous proposons de rendre compte des faits saillants d’une intervention visant à revitaliser le métier de juge d’instruction à travers l’orchestration de dialogues professionnel dans un contexte lourd et empêchant, fait de ce que l’on ne peut ni dire ni penser sans risquer de se mettre en défaut aux yeux des collègues, de l’institution, et de soi-même dans sa propre activité. Rendre à nouveau le métier dicible et discutable a supposé, ici tout particulièrement, de prendre soin du dialogue. Celui-ci, porté par l’intervenant, a permis aux professionnels de renouer un dialogue professionnel sur les questions essentielles du métier pour les remettre au travail, pour ne plus se défendre d’elles, au grand bénéfice de l’efficacité des activités quotidiennes, mais aussi au bénéfice de la santé des professionnels.   Nous chercherons également à mettre en lumière, la manière dont ces professionnels agissent dans le dialogue avec les personnes auditionnées, pour construire une vérité juridique inscrite dans le procès-verbal qui fera foi dans le procès criminel à venir.