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Discussion autour du livre « Les subalternes et le droit international : Une critique politique »

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Discussion autour du livre « Les subalternes et le droit international : Une critique politique »

Séminaire du Laboratoire pour la recherche critique en droit/ Conférence du programme DIPIA

Lundi le 4 février 2019 de 11h à 13h au local A8-122

Ce séminaire sera présenté par le professeur Rémi Bachand, professeur au Département des sciences juridiques de l’UQAM, suivi de commentaires de la professeure Hélène Mayrand, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke

Quel est le rôle que joue le droit international sur les différentes sociétés du monde? Quels sont ses effets sur les différents rapports de domination et d’exploitation qui traversent et structurent ces sociétés? Doit-il être envisagé comme étant davantage favorable aux groupes dominants ou aux subalternes? Ces derniers devraient-ils en faire leur principale arme de combat contre les différentes formes de subordination, ou ne devrait-il être utilisé que dans certaines circonstances bien stratégiques? C’est, entre autres, à ces questions que l’ouvrage de Rémi Bachand propose des hypothèses.

Cherchant notamment à radicaliser le vocabulaire utilisé par les internationalistes critiques, ce livre a comme objectif de théoriser les effets provoqués par le droit international sur les rapports entre les groupes dominants et subalternes des différentes sociétés du monde. Plus spécifiquement, il cherche à comprendre son rôle sur la reproduction, la légitimation, la contestation et la transformation des systèmes de rapports sociaux de subordination que sont le capitalisme, le patriarcat, le racisme et l’impérialisme, systèmes qui constituent les matrices de subordination de ces sociétés. Essentiellement, il estime que ces effets se produisent lors de quatre moments distincts, à savoir lorsque le droit structure la société internationale, par exemple en l’organisant territorialement en États souverains et formellement égaux; lorsque ses règles et ses institutions sont utilisées de manière formelle par les différents acteurs qui sont en mesure de le faire; lorsqu’il constitue un facteur influençant les différentes formations idéologiques du monde; puis, enfin, lorsqu’il est utilisé comme langue permettant de défendre légitimement des prétentions politiques.

L’ambition de ce livre est de montrer que de par sa structure, le droit international constitue un outil extrêmement puissant pour favoriser la reproduction et la légitimation des rapports sociaux de subordination. Bien sûr, il contient aussi des règles, des institutions et des régimes qui sont perçus comme étant des outils de résistance et des propositions de projets d’émancipation pour les subalternes et est régulièrement utilisé comme tels. Dans ces derniers cas toutefois, il y a lieu de convenir que ce qu’il propose en matière de résistance et d’émancipation n’outrepasse jamais ce qui est tolérable par les dominants.